Rapport des examens environnementaux: la Suisse n’est pas une élève modèle

Jeudi, 30 novembre 2017

L’OECD a soumis la Suisse à une comparaison internationale en matière de protection de l’environnement. Le bilan qui en ressort est mitigé: la qualité de nombreux cours d’eau est fortement menacée par des micropolluants et  plusieurs espèces et écosystèmes risquent de disparaître. En outre, avec 742 kilos de déchets par an et par habitant, la Suisse fait partie des pays d’Europe qui produisent le plus de déchets urbains. L’OECD recommande dès lors à la Suisse de mettre en œuvre sans plus attendre le Plan d’action Biodiversité. L’aménagement du territoire récolte quant à lui louanges et reproches.

Une majorité de la population suisse estime que l’environnement se porte bien. Pourtant, de nombreux obstacles subsistent encore avant de pouvoir confirmer cette image idyllique.  

L’Organisation de coopération et de développement économiques (en anglais: OECD) a pour la troisième fois soumis les performances environnementales de la Suisse à un examen (en 1998, en 2007 et aujourd’hui en 2017). Son rapport porte principalement sur la biodiversité, sur l'eau ainsi que sur la croissance économique en ressources, et contient 42 recommandations.

La Suisse fait figure de bon élève s'agissant de la consommation énergétique de l'économie et de l'amélioration de l'efficacité avec laquelle elle utilise les ressources. Sa participation à nombre d'initiatives et groupes de travail internationaux est également saluée, comme l’indique le communiqué de presse de l’Office fédéral de l’environnement OFEV.

La loi sur l’aménagement du territoire (LAT) a, elle aussi, été évaluée: les modifications apportées en 2013 à la LAT afin de réduire les zones constructibles trop étendues et de mieux affecter les réserves de zones à bâtir existantes sont qualifiées de positives. Le sont aussi la revitalisation des cours d’eau et l’obligation des cantons (depuis 2011) de réserver un espace suffisant aux eaux. Néanmoins: «Les imperfections de  la  procédure  d’approbation  des  projets  et  la  fiscalité,  qui  encourage  les  municipalités  à  permettre un étalement des villes, limitent les progrès», déplore le rapport d’examen (version abrégée, p. 45).

L’OECD relève encore d’autres déficits, notamment dans la politique environnementale de la Suisse.  A ce jour, la Suisse n'est pas parvenue à entièrement découpler croissance économique et empreinte écologique. Les habitudes de consommation de la population ont en effet un impact sur l'environnement et, avec 742 kg de déchets par an et par habitant, la Suisse fait partie des pays d'Europe qui produisent le plus de déchets urbains. En outre, le rapport fait état de pressions environnementales parfois importantes exercées sur les eaux en raison de l'utilisation intensive de la force hydraulique, des pesticides en agriculture et des micropolluants provenant des ménages ainsi que de l'industrie.

Concernant la conservation de la biodiversité, la Suisse est en retard par rapport à d'autres pays de l'OCDE. Dans une comparaison effectuée par cette dernière, la Suisse présente les parts les plus élevées d’espèces menacées, également chez les mammifères. L’étendue, la qualité et la mise en réseau des sites protégés sont insuffisantes. La pression exercée sur la biodiversité demeure importante, notamment en raison du mitage du territoire et du morcellement des paysages dus à l'aménagement d'infrastructures, ou encore en raison des émissions d'ammoniac et de l'utilisation de pesticides dans l'agriculture. Un tiers des espèces et la moitié des principaux habitats sont ainsi menacés en Suisse.

La Confédération entend remédier à cette situation par le biais:

  • de la mise en œuvre du Plan d’action Biodiversité de 2017 (cf. notre news),
  • des mesures prônées par le rapport «Économie verte» de 2016,
  • de la politique agricole 2022 et du plan d’action produits phytosanitaires.